Pour la cinquième journée de l’AMFO, nous serons très heureux de retrouver les membres de notre association qui pourront faire le déplacement, à l’occasion des 80 ans de la Maison Française d’Oxford. Nous espérons vous revoir nombreux et nombreuses pour cette après-midi de rencontres et de discussions autour de l’histoire de la MFO, à l’occasion de son 80ème anniversaire.
Nous avons le plaisir de marquer cet anniversaire avec un programme riche, le 26 juin 2026 au Reuben College :
de 15h à 17h : l’Assemblée générale de l’association
de 17h à 18h : conférence d’Anne Dunan-Page, professeure d’histoire et de civilisation britanniques à Aix-Marseille Université intitulée ‘Une « Maison de fous » ? La MFO au sortir de la Seconde Guerre’
de 18h à 19h30 : un moment convivial autour d’un wine & cheese
Merci de bien vouloir noter que pour participer à cette cinquième journée de notre association, il est nécessaire de vous inscrire.
– S’inscrire à l’ensemble de la journée (AG, conférence et réception) [le lien sera rapidement mis à disposition]
– S’inscrire à la conférence et à la réception
‘Une « Maison de fous » ? La MFO au sortir de la Seconde Guerre’
Anne Dunan-Page (Aix-Marseille Université)
Résumé:
En 1948, la correspondance privée d’Henri Fluchère, premier directeur de la Maison française d’Oxford, adressée à son amie Odette de Mourgues, offre un témoignage sur les difficultés des débuts de l’institution. Il y décrit la Maison française comme une « Maison de fous » et une situation personnelle et professionnelle éprouvante : endeuillé par la disparition de son épouse en 1947, préoccupé par l’avenir de sa fille, accablé par une charge de travail qu’il ne parvient pas à limiter, Fluchère envisage alors de renoncer à ses fonctions.
Cette image contraste fortement avec celle que donnent ses échanges officiels avec l’ambassadeur René Massigli et son conseiller culturel René Varin, ou encore les autorités de la Sorbonne, qui mettent en avant les premiers succès de la Maison française dans un environnement académique favorable. Ce décalage souligne la capacité de Fluchère à élaborer un discours institutionnel maîtrisé, ajusté aux attentes de ses interlocuteurs.
La présentation portera sur les années 1946-1950, période décisive pour la consolidation de la Maison française, où tout aurait pu basculer. L’institution évolue alors sous une surveillance étroite — celle de l’Université d’Oxford, de la Taylor Institution, et du Quai d’Orsay — qui limite sa marge d’action. À cette contrainte s’ajoute une concurrence directe avec la création de St Antony’s College, financé par l’homme d’affaire Antonin Besse, sur lequel certains envisagent de concentrer les efforts français.
Dans ce contexte incertain, la pérennité de la Maison française est loin d’être acquise. Des doutes s’expriment ouvertement quant à sa survie, tandis que circulent déjà des candidatures en vue de remplacer Fluchère dans l’hypothèse d’un transfert de ses missions.
À partir de fonds d’archives conservés en France et au Royaume-Uni, cette communication se propose d’analyser les conditions qui ont permis, en quelques années, non seulement le maintien de l’institution, mais aussi son affirmation durable dans le paysage universitaire britannique. Comme le soulignera plus tard Jean Chauvel, la Maison française d’Oxford deviendra « la plus payante de nos entreprises culturelles en Grande-Bretagne ».
Anne Dunan-Page est professeure d’histoire et de civilisation britanniques à Aix Marseille Université et membre du Laboratoire d’études et de recherche sur le monde anglophone (LERMA, UR 853). Elle dirige la Maison de la recherche de l’UFR Arts, lettres, langues et sciences humaines. Son dernier ouvrage, La Bataille d’Oxford. Une histoire de la Maison française de 1946 à 1970, paraîtra en 2026 chez Sorbonne Université Presses. Il est le fruit de plusieurs années de travail sur les archives françaises et anglaises pour reconstituer l’histoire de la MFO et sa place dans la diplomatie culturelle.
